
12 mai 2025 · Inès Guillen
Le Cloud Act et le RGPD : pourquoi les entreprises européennes ont besoin d'un SaaS européen pour protéger leurs données
Saviez-vous que le logiciel de gestion utilisé par votre équipe marketing pourrait partager les données de votre marque avec les autorités américaines sans que personne ne vous en informe ? Il ne s'agit pas d'un scénario hypothétique. C'est la conséquence directe de deux lois américaines qui touchent aujourd'hui des milliers d'entreprises européennes : le Cloud Act et la section 702 de la loi FISA.
Si votre entreprise utilise des outils SaaS proposés par des fournisseurs américains pour gérer les emballages, les visuels ou les ressources de marque — même si les serveurs sont physiquement situés en Europe —, vos données risquent d'être exposées. Et surtout, vous enfreignez peut-être le RGPD sans le savoir.
Qu'est-ce que le Cloud Act et en quoi concerne-t-il votre entreprise ?
La loi Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), adoptée en 2018, confère aux autorités américaines le pouvoir d'exiger la communication de données stockées sur n'importe quel serveur dans le monde si l'entreprise qui le gère relève de la juridiction américaine. Cela inclut les filiales européennes d'entreprises américaines — et, surtout, cela peut se faire sans en informer le gouvernement du pays où les données sont stockées.
L'article 702 de la loi FISA ajoute un risque supplémentaire. Il constitue la base juridique du programme PRISM et autorise la surveillance de masse des ressortissants non américains. En 2024, son renouvellement a prolongé ces pouvoirs jusqu'en 2026, permettant ainsi à des entreprises telles que Microsoft ou Google de partager les données de leurs clients européens sans décision judiciaire préalable.
Le dilemme juridique auquel sont confrontées les entreprises européennes
Les entreprises qui utilisent des logiciels SaaS américains sont confrontées à une contradiction juridique insoluble : si elles se conforment au Cloud Act et transmettent des données aux autorités américaines, elles enfreignent le RGPD. Si elles refusent, elles s'exposent à des sanctions aux États-Unis. Le RGPD exige que tout transfert de données vers des pays tiers garantisse un niveau de protection équivalent aux normes européennes — ce que le Cloud Act remet directement en cause.
Trois types concrets de risques
Accès sans décision judiciaire : les autorités américaines peuvent accéder à vos données opérationnelles, techniques ou commerciales sans vous en informer ni demander l'autorisation d'un tribunal espagnol ou européen. Espionnage industriel : le Cloud Act peut être utilisé pour accéder à des informations stratégiques d'entreprises européennes dans le cadre d'une concurrence commerciale. La NSA a publiquement reconnu ces pratiques. Amendes au titre du RGPD : une entreprise qui communique des données en vertu du Cloud Act peut se voir infliger par l'autorité de protection des données une amende pouvant atteindre 4 % de son chiffre d'affaires annuel mondial.
Pourquoi un SaaS européen change complètement la donne
Les plateformes développées et hébergées dans l'Union européenne ne sont pas soumises au Cloud Act ni à la loi FISA. Les données sont traitées exclusivement en vertu du droit européen, ce qui élimine tout conflit juridique à la source.
MyMediaConnect est une plateforme de gestion de chaînes graphiques 100 % européenne, dont l'infrastructure est hébergée dans des centres de données certifiés en Allemagne et en Finlande (OVH, avec une redondance totale). Aucune autorité étrangère ne peut accéder à vos données opérationnelles sans autorisation judiciaire européenne ; tous les traitements de données sont pleinement conformes au RGPD, et un contrôle d'accès granulaire vous permet de définir précisément qui peut voir quoi, avec une traçabilité totale.